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mardi 12 août 2014

"La Minute Critique de Chopper le Banni" critique #44: "Danganronpa: Trigger Happy Havoc" (Playstation Vita)

Je considère cet article comme le second épisode de ma vraie-fausse trilogie du fan. Trois jeux qui m'ont pris de court et m'ont marqué par leur excellence, trois critiques pour leur rendre hommage.

Le premier épisode consacré à la troisième saison de Sam & Max est disponible et est directement accessible en cliquant ici.

De temps en temps, le jeu vidéo surprend.

La PSVita, console d'exception boudée par le public malgré son hardware de malade et ses fonctionnalités qui valent le détour, possède désormais un catalogue bien fourni et bourré de petites perles vidéoludique.

Persona 4 et Sly Cooper: Thieves In Time entre autres, bien entendu, mais surtout, bon nombre de Visual Novels (ainsi que d'autres styles de jeux un peu spéciaux auxquels nous ne sommes pas habitués dans notre région du monde), genre très réputé au Japon, qui n'auraient sûrement jamais percé hors des frontières nipponnes s'il n'avait jamais été porté sur la machine.

Danganronpa est un de ceux-là.

Portage d'un jeu PSP uniquement disponible en japonais ou en version traduite par des fans, j'ai foncé tête baissée sur les conseils de mon pote Kahnettan, alors que je ne savais absolument rien du titre.

Ni son scénario, ni son gameplay.

Mais après tout, c'est Kahnettan, le mec qui m'a donné envie de jouer à Persona, qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?!
Ah ah, petit malin...

Tout d'abord, avant de vous lancer dans la critique, cliquez ici, juste là, laissez la musique tourner, et commencez à lire.

Bref, ne perdons pas plus de temps, et commençons dès maintenant notre voyage dans le monde merveilleux... De Danganronpa !


"Welcome to Hope's Peak Academy !"

(Critique garantie sans spoilers)

Makoto Naegi, lycéen à la banalité affligeante, est choisi pour rejoindre la prestigieuse Hope's Peak Academy, école n'enseignant qu'aux meilleurs et ne comportant donc que les "Ultimate" de multiples catégories (Ultimate Swimmer, Ultimate Programmer, Ultimate Fan-Fic Creator, etc).

Inscrit comme le Ultimate Lucky Student grâce/à cause de la chance qu'il a eu d'avoir été tiré au sort, Makoto va vite déchanter, et le rêve va très rapidement se transformer en cauchemar.

En effet, alors qu'il passe les portes de l'école, il tombe dans les pommes, et ne se réveille que quelques heures après dans une salle de classe aux fenêtres bloquées par de grandes plaques de fer.
Après un peu d'exploration, il rencontre ses nouveaux camarades de classe, tous réunis devant une immense porte blindée et protégée par des mitrailleuses.

Les présentations sont à peine terminées qu'un étrange ours du nom de Monokuma les convoque dans la salle de gym où il leur explique leur macabre situation:

Tous les élèves font partie d'un petit jeu sadique: Ils doivent tous vivre à Hope's Peak Academy jusqu'à la fin de leurs jours en suivant quelques règles simples, des centaines de caméras sont installées dans le bâtiment, et toutes les issues sont bloquées. 

Personne ne peut s'enfuir.

Et si quelqu'un n'arrive pas à s'adapter, ou regrette le monde extérieur, et qu'il décide de s'en aller, qu'il réfléchisse bien, car le seul moyen de partir...

C'est de tuer quelqu'un.

"Each of us became suspicious of everyone else. We were forced to wonder, "Is somebody going to betray us ?""

"To solve a mystery, you sometimes need to take risks. Isn't that right ?"

Comme tout bon Visual Novel qui se respecte, Danganronpa se concentre beaucoup sur son histoire et ses personnages. Heureusement, il possède malgré tout un gameplay du tonnerre.

S'il fallait résumer le jeu (très très) grossièrement, on pourrait dire qu'il s'agit d'un Visual Novel mêlé à du Phoenix Wright et du Seinen à la King's Game/Zero Escape.

Des ados retenus prisonniers par un mystérieux Master Mind et obligés de s'entretuer, et des séquences d’enquêtes et de procès mixées à des simili-Social Link où on en apprend un peu plus sur les différents personnages, la formule peut paraître surprenante, mais marche ici à la perfection.

Comme expliqué un peu plus tôt, la seule solution pour s'enfuir de Hope's Peak Academy est de tuer un de ses camarades. 

Dès qu'un corps est découvert, une phase de recherche se lance, et c'est au tour de Makoto, vous, de récolter le maximum d'informations et de preuves avant que le "Class Trial" ne commence.

Le Class Trial, pour faire simple, est un procès où tous les élèves vont débattre et analyser les preuves découvertes pendant l'enquête. L'enjeu étant de taille, puisque si le tueur n'est pas découvert, celui-ci pourra partir, pendant que tous les autres seront froidement exécutés (ou "punis" pour utiliser les mots de Monokuma).

Dans le cas contraire, si tout se passe bien et que le tueur est démasqué, c'est à lui d'être puni, et la vie de lycéens reclus des personnages peut reprendre, malgré le malaise encore présent de la perte de deux de leurs amis.

Quand l'histoire n'avance pas, le joueur a droit à du "Free Time" pendant lequel il peut aller à la rencontre de ses camarades et passer du temps avec eux, explorer l'école, ou aller acheter des objets tous plus farfelus qu’inutilement funs dans la boutique du lycée en utilisant les jetons gagnés en avançant dans l'histoire et en explorant.

Ces séquences, ainsi que les phases d'enquête, se font à la première personne, et vous permettent de déplacer Makoto librement dans les couloirs de Hope's Peak.

Quand il rentre dans une salle, il rentre en mode Inspection, et peut observer tout les éléments intéressants présents dans la salle, le tout en ne pouvant déplacer que la caméra (parfait pour la recherche d'indices et les interrogatoires).

Quant aux Class Trial, ils sont composés de différents petits jeux parfaitement pensés qui rendent le tout très dynamique, tout en faisant avancer l'intrigue en la parsemant de nombreuses questions et nouveaux mystères, et de multiples retournements de situations.

Un mode "School Life", mode se concentrant sur les phases de Free Time sans la pression des meurtres, le tout avec une nouvelle mécanique de Level sympathique et un mini-jeu de stratégie intégré est aussi disponible, et est plutôt agréable.

Le gameplay est particulièrement varié, ce qui est surprenant pour un jeu du genre, et rend votre séjour à Hope's Peak Academy non seulement fun, mais aussi bien plus intense qu'il n'y parait !

C'est mignon.

"If you can figure out, "Who dun it ?" then everybody besides the blackened will live !"

La première réaction que j'ai eu devant Danganronpa, c'était: "Wow, qu'est-ce que c'est que ce machin ?"

Les 10 premières minutes nous présentent tous les personnages, et nous affichent toute une palette de stéréotypes plus extrêmes les uns que les autres.

Entre le garçon manqué, la lolita folle, le bourrin au grand cœur, la fille mystérieuse, ou le héros complètement normal qui se permet de nous le rappeler toutes les trois secondes (littéralement)...
On a l'impression qu'on va avoir affaire à une histoire vue et revue et bourrée de tous les clichés du genre possibles.

5 minutes après, alors qu'on est présenté à Monokuma et que la situation est expliquée, on commence à cerner les intentions du titre et notre attention s'en retrouve directement captée.

Et c'est à partir de la barre des 30 minutes que tout devient complètement dingue et qu'on réalise ce que le jeu a dans le ventre.

Aidée par une direction artistique et une musique tout bonnement fabuleuses, qui risque de demander un petit temps d'adaptation de votre part, l'ambiance cauchemardesque de Danganronpa est maitrisée à la perfection et renforce par la même occasion son scénario d'une excellence rare !

Après les premières minutes de mise en place (vraiment malignes avec le recul), l'histoire s'emballe, lance un gros "Fuck" à tous les stéréotypes qui s'installaient, les premières tragédies ont lieu, et toute la situation tourne au pire.

A partir de là, et ce jusqu'à la toute dernière seconde du jeu, la pression ne sera jamais relâchée.

Il est impossible de savoir ce qu'il peut arriver par la suite, les retournements de situations sont nombreux, parfaitement gérés, et arrivent à n'importe quels moments du scénario !

Certains Class Trial, par exemple, changent complètement de direction en plein milieu de l'action, et la façon avec laquelle on voit certaines preuves déjà examinées s'en trouve modifiée au détour d'une conversation, rendant la solution bien différente de ce à quoi on s'attendait.

Alors que l'intrigue avance, que le groupe fait face à l'horreur de sa condition, tout en essayant désespérément de trouver un moyen de s'échapper et de résoudre les mystères de l'école et de son histoire, on s'attache aux personnages, et quand un drame arrive, le désespoir qui nous est procuré par le jeu est aussi fort que celui procuré par Monokuma aux protagonistes...

Et c'est là toute la force de Danganronpa.

En créant un univers si réussi et si mystérieux, et en y plaçant ces personnages qui n'ont au départ rien demandé, l'identification aux protagonistes (particulièrement Makoto) et surtout à leur situation vu le sujet s'en retrouve décuplée.

Ce qui fait que des passages comme les Free Time, moments beaucoup plus apaisants et qui viennent combler le vide entre deux passages où l'intrigue avance, cassent avec l'ambiance glauque, et renforcent le sentiment de mal-être des héros qui essaye tant bien que mal de vivre leur vie dans l'enfer de Hope's Peak Academy.

Le thème central du jeu, l'espoir présent même dans les situations qui semblent les plus impossibles, et qu'il ne faut jamais perdre, même quand tout semble jouer contre nous, se reflète aussi sur le joueur, qui à force de s'attacher aux personnages se retrouve de plus en plus exaspéré, et se demande si les développeurs ont une limite !

Malheureusement (ou plutôt heureusement), ils n'en ont pas, et ils se permettent tout ce qui peut servir la qualité de leur écriture.

Tout au long de l'aventure, on espère qu'ils arrêteront ce jeu de massacre le plus tôt possible, malgré toutes les bonnes raisons que Monokuma leur a offert...

Mais croyez-moi, jamais rien ne les empêchera de s'entretuer. Rien.

Et pourtant, en nous offrant régulièrement quelques moments de bonheur, quelques lueurs d'espoir bienvenues, voire même des semblants de solutions, et en voyant les personnages continuer de lutter contre le Master Mind et s’entraider du mieux qu'ils le peuvent, le jeu devient extrêmement optimiste !

Et ce jusqu'à la fin du jeu, très ouverte, et délivrant un message très positif sur l'humanité et ce qu'elle peut apporter de meilleur en ce monde.

Danganronpa c'est glauque, Danganronpa c'est bien écrit, Danganronpa c'est optimiste, bref, Danganronpa c'est une expérience forte, à laquelle tous les joueurs, et même les autres devraient se frotter au moins une fois dans leur vie.

L'Argument.

Et le Contre-Argument.

Wow, je viens de me taper un délire philosophique là, non ?

Bilan:

Graphismes: Excellent: Même s'il faut s'habituer au style très pop-art et papier découpé de la direction artistique, on ne peut vite qu'être charmé par cette dernière, parfaitement raccord avec l'univers et l'intrigue.
Et puis, en général, qu'on se le dise, le jeu est plutôt joli.

Gameplay: Excellent: Même si les Free Time et les phases d'enquête sont très agréables, c'est surtout les Class Trial, absolument épiques, qui marquent le joueur niveau gameplay.
Très diversifiés, les différents minis-jeux qui composent ces phases rendent le tout très dynamique, et font que ces moments sont toujours très attendus !

Bref, c'est vraiment fun, et ça sert toujours parfaitement l'intrigue ! Le gameplay est au service du scénario, et le scénario est au service du gameplay, et c'est pour ça que c'est excellent.
TIENS, PRENDS CA DAVID CAGE !

Bande-Son: Excellente: Même si un ou deux morceaux sont un poil moins intéressants que les autres, la musique reste absolument fabuleuse, est toujours parfaitement placée, et participe grandement à l'ambiance psychotique du jeu.

Les doublages quant à eux sont de très bonne qualité, en japonais comme en anglais. (Mention spéciale à Erin Fitzgerald, la voix actuelle de Chie dans Persona, et Amanda C. Miller, qui livrent ici une sacré performance vocale. Chapeau les artistes !)

Scénario: Excellent: Bourré de bonnes idées, de twists, et d'énigmes plus tordues les unes que les autres, et amené par une ambiance qui oscille entre le cauchemardesque, l'optimiste, et l'humoristique, Danganronpa réussit toujours à parfaitement doser sa formule et les genres, et ne dévie jamais de son sujet principal.

Une réussite totale, sans hésitation possible !

Durée de vie: Excellente: Comptez 30h pour finir l'histoire une première fois. 
C'est déjà impressionnant, mais si vous voulez pousser le vice encore plus loin, sachez que vous pouvez rejouer les différents chapitres librement (et avec les autres difficultés), que le sympathique mode School Life est disponible, et qu'il y a une tonne de bonus à débloquer avec les jetons Monokuma gagnés en jeu.

Have Fun !


Note finale: 20 sur 20

Je pense qu'il est clair que Danganronpa m'a fortement marqué.

J'ai apprécié chaque instant de l'aventure, et j'ai été impressionné plus d'une fois par son histoire !

Bourré à craquer de retournements de situations tous plus dingues les uns que les autres, et surprenant jusque dans les 10 dernières minutes de jeu, la grande qualité du scénario fédère, et même les joueurs habitués à ce genre d'histoires prendront leur pied et seront passionnés du début jusqu'à la fin.

Les développeurs ont aussi le mérite de ne pas prendre leur public pour un con, et se permet presque tout à l'écriture, ainsi qu'une fin ouverte laissant certaines questions en suspens.
C'est tellement rare que je pense qu'il est important de le souligner !

Voila encore un jeu que, comme Persona, j'ai été à la fois ravi et très déçu de finir. Parce que la formule marche à la perfection, que c'était franchement fun, et absolument passionnant !

Et vu toutes les possibilités que leur univers offre, on a envie d'en voir plus ! (Tiens, ça tombe bien, la suite sort le 5 Septembre sur Vita ! Oui, je suis impatient. VRAIMENT. IMPATIENT.)

Danganronpa est un jeu extrêmement bien écrit, à l'univers et à l'ambiance parfaitement maitrisés, très inventif, très original, qui ne perd jamais de vue son objectif, et reste toujours cohérent à lui-même et à son sujet central. 
Et en plus de ça, c'est très fun à jouer !

Je pense que tout est dit... Si vous avez une PSVita, n'hésitez pas, sautez sur ce petit bijou du jeu vidéo !
Et si vous n'avez pas de PSVita... Mais qu'est-ce que vous faites de votre vie bon sang ?

Vous aimez le jeu vidéo ? Vous aimez les bonnes histoires ? Vous aimez l'art en général ? Jouez à Danganronpa. Vous ne regretterez pas votre achat !


Les Plus:
- Le scénario et les personnages, excellents.
- L'ambiance glauque douce-amère exceptionnelle.
- La direction artistique, du tonnerre.
- La musique, juste parfaite.
- D'une inventivité et d'une originalité à toute épreuve.
- Très fun à jouer.
- 30h de jeu. Le bonheur.
- Pas mal d'annexes.
- Ce sang rose quoi !

Les Moins:
- Pas de VF, même pas de sous-titres. (Je pense que je vais arrêter de compter ça en "Moins", c'est inutile)
- La partie stratégie du mode School Life est franchement limitée.
- Tout le monde n'accrochera pas, bien entendu.


"I told you... I am NOT, a Teddy Bear..!"



Par contre, promettez-moi de ne jamais, et je dis bien JAMAIS visionner de trailers, regarder d'images, ou même faire une simple recherche Google sur ce jeu !

C'est bourré de spoilers, et croyez-moi, vous ne voulez surtout pas vous faire spoiler... Oh non...

Et comme pour Persona, je crois que l'Anime est sympa (j'avoue ne pas l'avoir regardée encore), mais franchement, jouez au jeu avant de vous y attarder. C'est un ordre !

Bref, sur ce, je vous dis à la prochaine, et rendez-vous pour le dernier épisode de cette trilogie improvisée ! Jusque-là, portez-vous bien, et n'oubliez pas: Jouez à Danganronpa !


TEASE TEASE TEASE

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