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vendredi 22 mai 2015

J'ai vu "Mad Max: Fury Road", et j'ai des choses à dire.

Cette semaine, il était à la base prévu que je fasse une rétrospective sur la série Kirby.

Vu qu'un de mes projets m'empêche de sortir beaucoup d'articles ces derniers temps, je voulais revenir sur une saga adorable, joyeuse et mignonne, et qui remonte le moral dans les moments difficiles. Un truc cool quoi.

Sauf qu'entre temps, j'ai vu le nouveau Mad Max.

Vous savez, Mad Max. Ce petit film indépendant dont personne n'a parlé ces 2 dernières semaines. Ce petit film à 89/9.0 sur Metacritic, 4,3/4,4 sur Allociné et 98%/92% sur Rotten Tomatoes... Wow. Ca fait... Pas mal d'opinions favorables tout ça...

Oui, à moins que vous ayez vécu dans une grotte sans électricité pendant quelques mois, vous êtes tous au courant de la hype immense qui entoure le nouvel opus de la série. Le nouveau chef-d’œuvre instantanément culte du visionnaire George Miller, papa même de la trilogie originale.

On peut dire qu'il y avait de quoi intriguer, et, alors que je comptais déjà les jours avant la sortie de la nouvelle référence du cinéma d'action, j'ai commencé à être à la fois excité... Et très méfiant. Quand un film se tape une telle réputation seulement un jour avant sa sortie, il y a de quoi avoir peur.

Est-ce possible de faire à ce point l'unanimité ? Qu'est-ce qu'il y a dans ce film qui puisse plaire autant ? Autant de questions auxquelles j'ai pu répondre quelques heures plus tard dans ma salle de cinéma...

Oh. D'accord. Tout est clair maintenant. La solution était pourtant bien simple.

Mad Max: Fury Road est UNE PUTAIN DE TUERIE !


"My name is Max... My world is fire. And blood..."

Vous le savez, je ne parle pas beaucoup de cinéma ici. Ce n'est pas mon but principal, et si je commence à m'y mettre, on peut directement balancer le jeu vidéo à la poubelle d'avance parce qu'on en a pour des plombes.

Mais de temps en temps, ça fait du bien. Et en ce moment, vu que le monde entier a les yeux rivé sur le nouveau film de George Miller, je ne vais pas me priver pour enfoncer le clou.

Max Rockatansky, ancien policier de la route, survit seul dans un monde dévasté où l'essence et l'eau se font de plus en plus rares, et où des centaines de clans, de sectes, et autres assassins complètement cinglés se battent pour récupérer ces précieuses ressources.

Un jour, le Road Warrior se fait capturer par le groupe des War Boys, des fanatiques dirigés par le plus-taré-que-les-autres Immortan Joe, et se retrouve à jouer le donneur de sang pour les soldats du groupe, et particulièrement le jeune Nux.

Au même moment, l'Imperator Furiosa, une des personnalités importantes des War Boys, trahi Joe en enlevant ses "épouses", 5 filles tenant le rôle de mères porteuses forcées, pour les emmener vers la Terre Verte, une région ayant survécu à la désolation.

Et Max... Eh ben... Max se retrouve un peu malgré lui dans le conflit, puisqu'il est enchainé à l'avant du véhicule de Nux, qui fait partie du convoi parti à la poursuite de Furiosa.

Ceci marque le début d'une course poursuite de deux jours où notre héros va devoir s'allier avec l'Impératrice pour survivre aux centaines de mercenaires sanguinaires bien décidés à leur déchiqueter la tête.

Oh what a day... What a lovely day...


Tout d'abord, commençons par le commencement. Je n'ai jamais vu un seul film de George Miller.

Je n'ai vu aucun des Mad Max, ni aucun des Happy Feet, ni Babe 2, ni Les Sorcières d'Eastwick, rien. Je n'ai aucune expérience à laquelle me rattacher, et je suis donc parti en néophyte complet dans l'univers taré du réalisateur.

Quelle merveilleuse idée. Vraiment. Si vous ne connaissez rien à l'univers de la série ou du réalisateur, n'ayez pas peur et foncez tête baissée.

Les Mad Max ont toujours été visibles indépendamment, et Fury Road a beau utiliser certains éléments des opus précédents et être bourré de références cachées, il ne déroge pas à la règle.

Il n'est pas nécessaire de connaitre la saga pour comprendre, par exemple, la psychologie de Max face à ce qui lui est arrivé précédemment. Tout ce qu'il faut savoir est malignement expliqué et intégré au scénario, scénario complètement détaché de ses ainés.

Un nouveau venu sera aussi ravi qu'un connaisseur, et ce autant au niveau de la narration que de la réalisation, à la fois ultra accessible, et... Putain... La vache, comment expliquer rapidement mon ressenti..?

En gros. Je pense ne pas trop me mouiller en disant que Fury Road est un des films qui s'approche le plus de la perfection cinématographique cette année.

A. Ce. Point.


"I live, I die. I LIVE AGAIN !"

Course-poursuite de 2 heures quasi non-stop, avec plans et montage absolument magiques du début à la fin, acteurs parfaits (mention spéciale à Tom Hardy et ses yeux qui méritent un Oscar), décors de tarés...

Dans ce paysage de Blockbusters grisâtres et sans intérêt, Mad Max fait tout péter. C'est coloré, bien pensé, et, surtout, pour mon plus grand bonheur, 90% des cascades et effets du film ont été réalisés en pratique.

Tout n'est que maquillage, costumes, effets de montage et de réalisation. Les effets numériques, les CGI se font rares, et ne sont utilisés qu'aux moments où ils sont essentiels, comme la déjà culte scène de la tempête de sable, à la limite du réel avec ses éclairs et ses voitures enflammées parcourant l'écran !

Rendre ce genre de passages complètement délirants comme ça, c'est assumer jusqu'au bout le côté faux des CGI. Et dans le cas présent, c'est cohérent avec le ton et le réalisme du film, tout en renforçant les passages "réels".

Le reste, chaque explosion, chaque cascade, chaque bout de voiture qui s'arrache, ou moteur qui explose, c'est du vrai. Et ça se ressent.

De la première seconde de film à l'apparition du générique de fin, mon cœur ne s'est jamais arrêté de battre à 300 à l'heure. Fury Road représente un art qui se perd bien trop à mon goût: L'art du blockbuster intelligent.


Mad Max, c'est du divertissement pur et dur. Ça pète partout, c'est n'importe quoi et tout le monde gueule, et il n'a pas d'autre intention première que de vous faire passer un bon moment. Mais l'avantage qu'à George Miller face à un Michael Bay pour ne citer que lui, c'est qu'il ne prend ni son art, ni son public pour des cons.

Tout d'abord, tout est parfaitement lisible, et on évite tous les écueils de la réalisation de la plupart des films à gros budget, comme la fameuse shaky-cam, complètement absente (la shaky-cam étant un concept pouvant être résumé en: "Bouge la caméra partout pour qu'on puisse plus rien voir et donner l'impression que c'est dynamique, alors que, bah non, on peut juste plus rien voir en fait").

De fait, on peut apprécier à 100% le grand talent de Miller.

Tout est magnifique, tout est grandiose, tout est filmé à la perfection, bref, tout vous fait ressentir l'action au plus près et vous fait profiter de l'univers fantastique dans lequel s'affronte les différents clans.

Il y a une idée à la seconde, littéralement une idée à la seconde, et, alors que l'idée d'une scène d'action de 1h40 peut paraître éprouvante au premier abord, elle en devient épuisante de bonheur tant chaque nouveau plan met le sourire jusqu'aux oreilles.

Y a des guitares qui crachent des flammes, des mecs sur des poteaux qui tanguent sur des bolides à fond, des bâtons qui explosent, des 4x4 entièrement recouverts de pieux... Et j'en passe beaucoup. BEAUCOUP.

En plus de parfaitement dépeindre l'action, la réalisation sait se retrouver intimiste quand il s'agit de mettre en scène les personnages, même quand les machines bouffent du pétrole à fond et que tout le monde essaye de s'arracher le visage.

Le montage, élément maître de ce genre de cinéma, est dynamique et... Fuck it, parfait...


"Hope is a mistake, you know ?"

Le fond, comme la forme, est très soigné. Max n'est qu'un personnage secondaire dans l'histoire, un visiteur dans l'univers et l'histoire de Furiosa, bien décidée à sauver ce qu'elle peut de la tyrannie de Immortan Joe.

Et, alors que oui, il n'y pas énormément de dialogues, tout particulièrement quand ça roule (une bonne partie du film en somme), le background est très vaste et très intéressant, puisque exploité sans interruption.

Quand le rythme marque une courte pause, on se sert des quelques minutes disponibles pour expliquer les intentions des héros, leur passé, et leurs sentiments. D'une façon très touchante par moments.

Mais même sans longs discours, même si ça tire partout, on en apprend toujours sur les personnages grâce à la façon de les filmer, de les présenter, grâce à leur façon de se battre, de s'exprimer, à leurs regards, leurs expressions, leurs... Hallucinations dans le cas de Max, grâce au montage, à la musique...

Finalement, on a jamais l'impression de complètement quitter le scénario et les protagonistes, très attachants et intéressants, quand les passages plus posés sont passés. Le film est rempli d'une immense étendue de grammaire cinématographique qui permet de développer son fond en même temps qu'il ne développe sa forme, et donne un petit cours de filmmaking à tout Hollywood.

Pendant que j'y suis, mention spéciale à Nux, joué par Nicholas Hoult, que j'ai trouvé tout simplement génial. Le public ne le mentionne pas assez à mon goût.


Et enfin, dernier point tout simplement bluffant: La musique, composée par Tom Holkenborg, a.k.a. Junkie XL.

Wow. J'ai entendu dire que Miller considérait le cinéma comme de la musique avec des images, et ça se voit.

Non seulement certains des instruments sont directement intégrés aux véhicules (fallait y penser), mais en plus, l'action est parfaitement raccord avec le son. Comme le reste du film, il est organique, passe du rock au classique, pète, explose, vous crache tout ce qu'il a à la gueule... Et vous fait pousser une 5ème paire de balls.

On passe du très symphonique au très hard-métal (avec un guitariste complètement taré qui joue tout en se tatanant avec le Road Warrior), comme on passe du majestueux d'une tempête mortelle au survitaminé d'un groupe de motards avec quelques neurones en moins.

Bon sang, on a Dies Irae qui accompagne une fusillade de nuit, nuit clairement américaine (en gros on tourne de jour en mettant un filtre sur la caméra pour donner l'impression que c'est de nuit) qui donne un cachet très épique et limite éprouvant à la scène...

C'est... Je me retiens pour ne pas partir dans un cours de cinéma, mais en gros c'est vraiment bon.

La musique est nickel du début à la fin, avec quelques morceaux qui ressortent vraiment du lot...
Et si vous avez déjà vu le film, vous savez déjà desquelles je parle. Je vais donc laisser l'art parler pour lui-même.

(La meilleure partie de Storm is Coming commence à 3:38 si ça vous intéresse.)





Je pourrais passer des heures à expliquer en détails tous les éléments en revue, tout ce qui va, tout ce qui va moins, et pourquoi on s'en fout, mais à quel point on s'en fout. C'est une expérience qui se vit. Qui se ressent. Et qui donne bien soif.

Je ne comprends pas comment Miller à réussi à faire un film d'action se passant entièrement dans un convoi de bagnoles... Tout en rendant ces bagnoles presque anecdotiques par moments, sans pour autant oublier que c'est son terrain de jeu principal.

Je... Ne... COMPRENDS PAS... Comment à 70 ans, et après 30 ans d'absence dans le genre... Comment Miller a pu réussir à réinventer un art qu'il a lui-même crée, comment il a pu moderniser son mythe, son propre univers sans se rater... Comment il a pu, bordel de merde, réussir à pondre cette tuerie cosmique, ce classique instantané... A 70 ans... 30 ans après... Nom de-


"Witness me ! VALHALLA !"

Je pense qu'il est évident que je n'en suis pas revenu en sortant de la salle de cinéma. Je n'en suis pas revenu d'avoir pu, en 2015 et après un certain Avengers 2, être témoin (no pun intended) d'une telle réussite. Je n'en suis pas non plus revenu que la hype soit justifiée à ce point, mais passons.

Oui. Comme je l'ai dit plus tôt au détour d'une phrase, le voyage sur Fury Road est épuisant. Mais dans le bon sens du terme. On ressort de Mad Max avec les mains tremblantes, le cerveau retourné, et le cœur presque sur le point d'imploser. Le rythme ne décélère jamais, et le film ne finit jamais de donner.

On ressort de Mad Max épuisé, parce qu'il décide de ne jamais s'arrêter, et réussit son pari sur toute la durée, pas parce que c'est long et chiant. Il n'y a que de la positivité dans tout ce que mon corps essayait de remettre en place après la grosse claque cinématographique que j'ai pris...

Et j'ai envie de le revoir. Maintenant. Et je suis bien loin d'être le seul au vu des réactions du public !

Il y a tellement à voir, tellement à apprécier que plusieurs visionnages ne suffisent pas à lasser. Et l'absence de longue introduction, le fait qu'on soit directement envoyé dans l'intrigue et que le film se termine très brusquement aide ce genre d'initiative !

Si vous n'avez pas encore vu le film, vous pensez peut-être que j'exagère, que c'est bête d'aller voir la même chose trois fois comme moi.

Mais vous ne pouvez pas vous rendre compte. Fury Road est tellement, TELLEMENT fun, tellement énorme à voir, tellement... Tellement magistral, que non seulement il vous donne envie de le revoir encore et encore...

Mais en plus il le mérite.



Alors voila. Rien à dire de plus. Tout est là.

Mad Max: Fury Road est tout simplement l'un des meilleurs films d'action que j'ai vu de ma vie !
C'est un divertissement ultra fun, et une œuvre marquante, une très grande expérience cinématographique ultra accessible.

En le voyant, j'ai eu l'impression d'être quelqu'un. D'avoir sous les yeux quelque chose qui avait été fait avec énormément de talent, énormément d'envie, d'attention, et avec comme objectif principal de nous faire passer un bon moment, tout en soignant la forme, comme le fond, pour nous offrir du cinéma optimal à nous le public d'amateurs de bons films, et non pas à nous les chiffres de box-office.

Ceci est le standard dont devraient s'inspirer tous les créateurs de blockbusters, et tant que ce ne sera pas le cas... Oh boy, que la concurrence va paraitre fade en comparaison.

Écoutez la hype, embrassez la, et allez voir ce chef-d’œuvre, cette perfection cinématographique, cette ode au 7ème art, ce retour en force d'un réalisateur que je regrette de ne jamais avoir suivi jusqu'à maintenant !

George est rentré. Et il vient de nous donner une leçon. A nous tous, sombres mortels que nous sommes... Il vient de nous donner une leçon... Et on adore ça.

J'ai besoin de le revoir bon sang.

"Oh what a day ! WHAT A LOVELY DAY !"


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