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vendredi 21 février 2014

Si vous Aimez... Les Cornetto, les Clôtures, et la Bière

Salut à tous, et bienvenue dans ce nouveau "Si vous Aimez" un peu spécial, puisqu'il ne va pas cette fois-ci s'agir de jeu vidéo !

Et oui, puisque ma deuxième passion, après appuyer sur des boutons et vivre des aventures extraordinaires, c'est le cinéma, soit vivre des aventures extraordinaires sans appuyer sur des boutons.

C'est donc pourquoi aujourd'hui, nous allons faire un détour par cet art merveilleux pas si éloigné du jeu vidéo, puisque ce dernier en a pris pas mal de codes, avant que la réciproque ne s'applique !

Et puis aussi parce que ça faisait assez longtemps que je rêvais de parler du 7ème art, et que ce nouveau "Si vous Aimez" est l'occasion parfaite pour commencer !

Bref. Pour inaugurer le tout, je vous propose de plonger dans l'univers de l'un de mes réalisateurs préférés: Edgar Wright !


Passionné par le cinéma depuis tout jeune, le britannique Edgar Wright a fait ses débuts en 1994 avec une comédie intitulée "A Fistful of Fingers".

Grâce à elle, il est repéré pour travailler sur des séries télé dont il réalise quelques épisodes. En 1998, il rencontre Simon Pegg, avec qui il lancera la série "Spaced" (Les Allumés en français), série qui obtient très vite un statut culte.

Quelques années plus tard, Wright et l'équipe de Spaced mettent en projet un film d'horreur, une petite comédie répondant au doux nom de "Shaun of the Dead".

Et c'est à partir de là que je commence à y mettre mon grain de sel puisque c'est ce film qui a lancé sa carrière cinématographique.

Le cinéma d'Edgar Wright est un cinéma complètement barré, que ce soit dans ses histoires, dans sa réalisation, dans ses acteurs, ou dans son montage.
Il reste toujours fidèle à son rythme très rapide et ses cadrages calculés au millimètre, et mélange les genres à la perfection, passant de la comédie pure au drame social sans prévenir le spectateur.

Ses scénarios nous perdent, et ne nous laissent jamais ne serait-ce qu'envisager la fin qu'il nous prépare, et la quasi totalité de ses gags et scènes deviennent instantanément cultes !

C'est ça le cinéma de Edgar Wright, c'est un cinéma fun, beau, intelligent, et surtout ultra moderne.

Jetons donc un œil à ses 4 réalisations, et à ce que le futur nous réserve.

Attention, cet article peut contenir des spoilers. Vous voila prévenus.

Shaun of the Dead


Tout va mal pour Shaun. Son boulot l'ennuie, son meilleur ami l'empêche d'avancer, il habite en colocation avec un crétin, et sa copine vient de le quitter.

Quoi de mieux qu'une apocalypse zombie pour prendre un nouveau départ et récupérer sa douce ? Bah, rien, et heureusement, parce qu'en quelques jours, toute la ville est infestée de mangeurs de cerveaux, et il va falloir un sacré plan à Shaun et sa bande pour s'en sortir !

Succès commercial et critique assez inattendu, Shaun of the Dead est un grand hommage au film d'horreur tourné en comédie romantique bien anglaise.

On y suit donc Shaun et son groupe de "survivants" (son meilleur pote Ed, son ex copine Liz, les deux amis de cette dernière, Dianne et David, et sa mère) tentant de rejoindre le Winchester, le pub favori de Shaun, où il pense qu'ils seront en sécurité.

Alors que tout commençait bien, les situations dramatiques vont s'enchainer les unes après les autres, jusqu'au grand final au Winchester, où l'équivalent d'à peu près toute la ville zombifiée se retrouve attirée. Autant vous dire que ça ne se finit pas bien. Pas bien du tout.

Premier film de la trilogie Cornetto (aussi appelée "Blood and Ice Cream Trilogy"), aussi composée de Hot Fuzz et The World's End, il est l'exemple parfait du mélange des genres de Wright.

Le film tourne autour d'un groupe de personnages se retrouvant dans une situation bien trop importante et grave pour eux. Shaun essaye de jouer les héros, pensant que sa vie pourrait prendre un nouveau tournant grâce à l'apocalypse, mais chacune de ses décisions ne fait qu'empirer les choses, jusqu'à les conduire à leur perte.

A certains moments, et pendant presque tout le final, le film passe d'une comédie vraiment drôle, à un drame pur et dur qui n'hésite pas à faire souffrir ses personnages. Ce mélange fonctionne à la perfection puisque ce sont les situations comiques et la réaction de ses personnages qui va engendrer ce côté totalement dramatique.

Rare sont ceux qui peuvent fusionner deux styles totalement opposés. Mais Edgar Wright sait le faire, et le résultat est toujours parfait.

Grande maîtrise du genre, compréhension parfaite de son environnement et de ses personnages, humour génial et répliques cultes, le tout accompagné de sa réalisation et de son montage magistraux, Edgar Wright pose, et impose son style, et ne cessera de démontrer sa supériorité sur tous les genres qu'il touche. La preuve parfaite étant son second film, Hot Fuzz.

Hot Fuzz


Le policier Nicholas Angel est le meilleur flic de Londres. Rapide, efficace, il ne laisse jamais rien passer et n'autorise aucune bavure. Le problème, c'est qu'à cause de ça, la réputation de tout le reste de la brigade s'en voit rabaissée, personne n'étant au niveau.

Pour pallier à ce mécontentement, les supérieurs de Angel décident de le muter dans le petit village de Sandford dans le Gloucestershire. Petite patelin tranquille avec une baisse de la criminalité record, où tout le monde a l'air innocent et bien veillant, il va vite montrer ses crocs lorsqu'un tueur en série va venir mettre la pagaille...

Deuxième film de la trilogie (et non, les films n'ont aucun rapport entre eux), Hot Fuzz est cette fois-ci un hommage aux films d'action "over the top" des années 80/90, avec gros flingues et poursuites en bagnole. C'est aussi mon film préféré de Edgar Wright.

Tout d'abord, le film n'a rien à voir avec Shaun of the Dead dans son ton. Comédie n'importe nawak assumée jusqu'au bout, avec un scénario complètement barré et des personnages plus stupides les uns que les autres, ne vous attendez pas à vous prendre une baffe émotionnelle. 

Mais Hot Fuzz est bien mieux maîtrisé en tout ! La réalisation, le montage, la musique, les acteurs, tout ce qui était excellent dans le premier film de la trilogie se voit ici sublimé pour obtenir un résultat jouissif, à mourir de rire, et qui ne déçoit à aucun moment.

Sans compter que Wright se permet tout, et livre un film quasiment plus violent que Shaun of the Dead (déjà pas mal gore), et totalement décomplexé dans son sujet et dans sa façon de le traiter.

Drôle, extravagant, stupide, beau, Hot Fuzz, c'est culte, Hot Fuzz, c'est génial, Hot Fuzz, c'est à voir !

Scott Pilgrim vs. The World


Scott Pilgrim sort avec une lycéenne.

Jeune branleur musicos canadien, Scott s'est installé dans un petit quotidien tranquille, alternant entre ses répètes, ses sorties, et ses moments à ne rien faire dans son appart, qu'il loue en colocation avec son pote gay, Wallace.

Mais sa "Precious Little Life" (et là si t'as compris la référence c'est que t'es un vrai. Ou que t'as fait une recherche Google, c'est toi qui voit) va se trouver bouleversée le jour de sa rencontre avec l'américaine Ramona Flowers, livreuse à Amazon au passé plus que trouble.

Tombant amoureux de cette dernière, il va vite apprendre qu'elle n'est pas si facile d'accès, et que pour sortir avec elle, il devra affronter les 7 Ex Maléfiques, anciens petits amis (et amies) de Ramona au mieux complètement tarés, et au pire plus puissants que ce que l'on peut imaginer. Bonne chance Scott !

Adapté de la (superbe) série de comics de Bryan Lee O'Malley, Scott Pilgrim prend une direction totalement différente et s'en éloigne énormément. Et si quelques fans hardcore ont trouvé que le film ne rendait pas hommage à son support d'origine, tous les autres, les gens biens, considère que c'est un bon point.

Pour rappel, le comics Scott Pilgrim est composé de 6 tomes bien épais, comporte des dizaines de personnages tous différents, plusieurs intrigues à chaque volume, et il développe à l'extrême le passé des différents personnages, le rendant bien plus profond et complexe qu'il n'y parait au premier abord.

Bref, autant dire qu'il aurait été impossible de faire rentrer tout ça dans un film de deux heures.
Ainsi, Edgar Wright, sûrement parfaitement conscient de cette problématique, a raccourci toute la saga en changeant quelques éléments, et en virant pas mal de détails.

Pour faire court, Scott Pilgrim le film est en fait la version film pure et dure de Scott Pilgrim le comics. Ce que je veux dire par là, c'est que Wright s'est servi du matériau d'origine pour offrir un film bourré de références au monde des Geeks et d'effets visuels complètement dingues.

Là où le comics était un grand hommage à la culture 2.0 se servant de tous les systèmes du média, le film fait la même chose, mais avec les moyens mis à disposition au cinéma. Et le résultat est un film hyperactif fun et coloré, qui surprend sans interruption, même si on est un fan incontesté du comics !

Bref, on ne pouvait pas attendre mieux de la part de Wright, qui signe là un excellent film (encore un) dans lequel il a pu imposer sa patte et ajouter sa pierre à l'édifice sans être limité pas un quelconque producteur ou scénariste lourdingue. Et ça se sent !

Je ne peux rien dire d'autre. Scott Pilgrim est un film qui ne se décrit pas, mais qui se vit ! Comme la BD, et le Jeu Vidéo, que je vous conseille fortement tous les deux ! C'est rare une franchise sans faute quand même !

The World's End


Très attendu par tous les fans de la trilogie Cornetto dont il est le dernier volume, The World's End n'a déçu personne.

L'histoire suit 5 amis d'enfance, menés par leur leader, Gary King, totalement bloqué dans le passé, qui décident de terminer la tournée des 12 pubs de leur ville natale, 20 ans après la première tentative.

Le film rend hommage à un genre bien particulier du cinéma, tout comme Hot Fuzz et Shaun of the Dead, ici, le film fantastique.
Il commence tranquillement, avec une mise en place qui ne nous laisse jamais présager ce qu'il peut arriver, et explose vers la moitié du film.

Les héros se retrouvent plongés au milieu d'une invasion robot/alien/machin, et essayent de sauver leurs peaux tout en continuant leur tournée, dont le dernier arrêt se trouve être la Fin du Monde, The World's End.

Personnellement, le film m'a un peu rappelé Shaun of the Dead, puisque l'on se retrouve avec le même type de personnage principal, incapable d'avancer (en version plus hardcore, vu que Gary a arrêté de vivre après la première tentative des 12 pubs quand ils étaient ados), un dénouement qui prend des tournants assez dramatiques, et un final qui laisse un goût doux-amer dans la bouche.

Edgar Wright s'est même payé le luxe de réaliser des scènes de baston en plan séquence à la perfection (pour rappel, plan séquence = un plan continu sans coupure) (et ok, c'en est pas vraiment dans The World's End, mais quasiment), et de donner à son œuvre un rythme qui ne s’essouffle jamais, aidé par une construction très maligne et assez originale.

Porté par une écriture et des dialogues toujours aussi bons depuis Shaun of the Dead, une construction très spéciale, des acteurs géniaux, et un dénouement magistral, The World's End conclut comme il se doit une saga qui aura duré 8 ans, par la Fin du Monde, par le dernier pub de la tournée...

Ant-Man (Prochainement)


Après avoir vu tout ça, et en connaissant le potentiel énorme de Wright... Qu'attendre d'Ant-Man ?

Et bien si l'on en croit les quelques secondes de film qui ont été dévoilées, l'humour et la réalisation de ses autres films sont toujours présents, et vu les capacités du héros (changer de taille à volonté) et toutes les idées de réalisation possibles à partir de celle-ci, le film a de grandes chances d'être franchement fun à regarder.

Et si le réal a pu prendre en main le sujet comme il l'entendait, comme avec Scott Pilgrim, alors le résultat risque d'atteindre des sommets rarement atteints par les autres films Marvel (Spider-Man 2 en puissance) !

On ne sait pas grand chose du film pour le moment, à part que les rôles principaux seront tenus par Paul Rudd et Michael Douglas, et que la musique sera composée par Steven Price, habitué des productions de Wright depuis Scott Pilgrim, et compositeur de la musique de Gravity. Si c'est pas la classe ça !

Enfin bref, il n'y a plus qu'à attendre 2015 pour savoir si le film tiendra la route dans l'excellente filmographie d'Edgar Wright, tout en espérant qu'il puisse m'intéresser à l'Homme Fourmi, super-héros dont je ne sais absolument rien !

Et en bonus, la version courte de l'extrait dévoilé. La version longue n'est disponible qu'en qualité vraiment très pourrave. 

 

Voila en gros tout ce que je peux dire sur le travail immense de Edgar Wright. Bien sûr, il reste énormément de choses à dire sur lui, et je suis sûr que je pourrai faire des articles entiers sur chacun de ses films, mais nous sommes dans un "Si vous Aimez", et je me dois de ne pas en dire plus !

Bref, en espérant que cela vous aura donné envie de découvrir ses films, ne vous inquiétez pas, c'est d'la bonne, et à bientôt pour une nouvelle critique qui s'annonce... Explosive...

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